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Je-tu-île-confinée


Le blog de Saa

Mercredi 26 Août, Des sons et des heures...

J'évoquais il y a peu le passage du temps et son élasticité.
Aujourd'hui, je voudrais te raconter comment certains sons, naturels, ponctuent nos journées.
Et nos nuits aussi!

Ça commence tôt.
Très tôt!
L'amplitude jour/nuit diffère très légèrement selon la saison.
En saison chaude, de Novembre à Avril, le soleil se lève plus tôt et se couche plus tard.
Comme partout à travers le monde, la variation ne se fait pas en un jour.
Quand on passe de la saison froide à la saison chaude, comme en ce moment, on se rend d'abord compte que la nuit tombe un peu plus tard chaque jour.
Quant au lever du jour, nous qui n'avons aucune raison de nous lever au point du jour - ce que font bon nombre de Polynésiens - nous en prenons conscience grâce au bruits.

S'il existe quelques élevages de poules pondeuses et encore quelques autres de coqs de combat, la grande majorité des poules, et donc des coqs, sont "sauvages".
Si je mets "sauvages" entre guillements, c'est pour dire qu'elles n'appartiennent à personne. Sinon, elles sont, comme souvent les poules, très sociables. Et même parfois un peu trop!
À force de leur jeter du pain trempé régulièrement et toujours à la porte de la cuisine, certaines n'hésitent pas à entrer pour venir aux nouvelles!
Nous faisons en sorte de maintenir un certain cheptel au jardin, ce qui nous garde des scolopendres puisqu'elles les adorent!

À la saison chaude, il est environ 4h30 quand le concert débute.
Les coqs crient - chantent - braillent à toute heure du jour et de la nuit.
Mais au lever du jour, leurs cocoricos se font plus forts, plus longs, plus insistants. Non seulement ils se répondent, mais ils font aussi se chevaucher leurs chants.
Les poules s'activent aussi à cette heure du jour qui commence.
Elles ajoutent leurs caquètements et certaines couvrent parfois la voix des coqs.

La cacophonie des volailles s'accompagne des cris des Martins - les merles comme les appellent les gens d'ici -
Ils ont toute une gamme dans leur vocabulaire et aucun son qui soit un tant soit peu agréable à l'oreille humaine.
Ça craque, ça crie, ça siffle sur trois ou quatre notes légèrement discordantes.

Quelques bulbuls - aussi appelés culs-rouge - aiment aussi saluer le jour naissant.
Enfin les mignonnes tourterelles laissent entendre leur chant mélancolique qui n'est ni un roucoulement, ni un vrai chant, mais plutôt un appel, sur deux notes parfaitement identifiables.

Vers 8 heures, en tendant l'oreille, on peut percevoir le pépiement des vinis, ces tout petits oiseaux si légers qu'ils se posent sur les herbes hautes sans les faire plier.

Ces sons restent perceptibles toute la matinée, avec une atténuation au fur et à mesure que la matinée avance.

Quand le soleil est au zénith, le calme s'instaure.
Certes, il y aura toujours un coq pour faire le malin et ses voisins les plus proches pour lui répondre.
Les poules se font plus discrètes et laissent la place aux pépiements ininterrompus de leurs poussins. Sans bouger du salon, je sais où sont les poussins, et donc leur mère, autour de la maison, juste au bruit que font les petits pour se signaler.

16h30 - 17heures.
Le soleil a entamé sa descente et il y a comme un vent de panique.
Les coqs et les poules crient plus et plus fort qu'au réveil.
Les martins, les bubuls et même le pigeon vert qu'on n'avait pas entendu jusque-là, haussent la voix.
Il faut retourner au nid ou, au minimum, trouver un abri avant que la nuit soit complète.

Pourtant, alors que le soleil a disparu, il reste un son, déchirant et auquel je ne m'habitue pas: celui des poussins!
Il m'a fallu quelques mois avant de voir que les poules se réfugient dans les branches des arbres pour passer la nuit au sec et le plus à l'abri possible des prédateurs nocturnes.
Et leurs petits doivent apprendre dès le premier jour à sauter sur les branches basses des hibiscus, des tiares ou des nonis. Certaines se cachent dans notre énorme jasmin.
Pour les inciter à grimper, les mères s'installent et ne bougent plus. Il faut que le poussin apprenne vite!
Mais les pauvrets ne voient d'abord qu'une chose: leur mère les a abandonnés!
Alors ils pépient, très fort, de telle sorte que même nous humains percevons leur détresse, leur angoisse de cet abandon et de la nuit qui tombe...

Parfois, comme c'est le cas en ce moment, un petit ne parvient pas à grimper, ou à se maintenir, et les appels de détresse retentissent à nouveau plus tard, à la nuit noire.
Et quand on a entendu longtemps un poussin au long de la soirée, je ne suis pas étonnée de constater son absence au petit matin.
Pas étonnée, mais triste.
A-t-il été attrapé par un rat qui l'a offert à ses propres petits?
Est-il mort d'épuisement?

Tu penses bien que plus d'une fois, m'orientant au bruit, j'ai tenté de repérer l'isolé pour le sauver. Mais son instinct a alors joué contre lui puisque dès que j'approchais trop près, sans même le voir, il cessait d'appeler.
Impossible de le voir, impossible de l'aider....

Quand le silence de la nuit est installé, quelques coqs s'interpellent encore mais ils ne parviennent pas à couvrir le grondement de l'océan qui vient se fracasser sur la barrière de corail.

J'ai lu qu'en Métropole certains ont intenté des procès pour un coq qui jouait au réveil-matin, pour des chèvres ou des vaches qui agitaient trop leurs cloches, voire pour un clocher éxécutant ce pour quoi il avait été conçu.
J'ai lu que parfois ces gens-là avaient obtenu gain de cause...
Curieux.....


Je résume?
Nos jours et nos nuits sont ponctués des sons des animaux et de l'océan qui nous accompagnent jusque dans notre sommeil.
Si tu n'apprécies pas ces bruits de la nature, ne viens pas en Polynésie!
Posté par Mimijo le 26 août 2020 à 20 heures 51

J'ai visualisé le pauvre poussin. Oui c'est triste mais c'est la dure loi de la nature.
Pour les bruits dirs de ruralité il est vrai que certains préfèrent entendre les mobylettes au pot d'échappement trafiqué que les coqs.
C'était le cas des voisins d'un coq portant le joli nom de Maurice. Cela a fait la une des journaux. Mais je juge a reconnu à Maurice le droit de chanter. Maurice nous a quitté de maladie. Mais il a été remplacé par Maurice 2.
Personnellement je préfère les bruits de nos amis les bêtes, qui le sont moins que certains d'entre nous.

Réponse postée par Saa le 26 août 2020 à 21 heures 31

C'est bien à maurice que je pensais...
Mais la bonne nouvelle c'est que ce soir j'ai pu sauvé un poussin! Il dort paisiblement dans une boite aménagée installée dans la pièce de repassage... Je raconterai ça demain!

Posté par Moi de Coco le 27 août 2020 à 00 heures 04

Comme je te comprends ! À la maison, j'ai une poulette et un coquelet qui s'invectivent, caquetent bruyamment et se donnent des coups de becs constamment. Et tous les soirs, je les monte dans le nid et je leur apprend à être autonome !
Au fond de nous demeure une vraie mère poule !

Réponse postée par Saa le 27 août 2020 à 08 heures 51

Il m'a fallu un petit moment pour comprendre que tu n'as pas mis de poulailler en route!! ;-)

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