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Je-tu-île-confinée


Le blog de Saa

Samedi 24 Octobre, La saison des co...videries est looongue!

Je l'avais annoncé, je vais peut-être un peu râler... Mais surtout interroger...

Un certain nombre de communes en France métropolitaine sont soumises, semaines après semaines au couvre-feu.
La Polynésie n'y échappe pas. Pour le moment seule Tahiti et Moorea sont concernées. Cependant les horaires ont été modifiés afin de mieux correspondre au rythme de la vie polynésienne. Ce sera donc de 21h à 4h et pas 6h comme en métropole...

Maintenant je voudrais comprendre.
Je voudrais que quelqu'un, sans doute plus intelligent, ou plus instruit, ou plus au fait de ces décisions.....
Je voudrais que quelqu'un réponde à cette question d'une simplicité pourtant déconcertante mais qui n'a toujours pas reçu de réponse valable, recevable, acceptable:
À quoi le couvre-feu sert-il?....

Historiquement, je sais, comme tout le monde, que "couvrir le feu" au Moyen-âge était une mesure de sécurité. En effet les maisons étant en bois, laisser un feu couver dans l'âtre ou une bougie allumée pouvait vite tourner à la catastrophe.
Nos parents ou grand-parents - selon l'âge que tu as! - ont connu un autre couvre-feu qui signifait alors "éteindre les lumières" ou au moins les masquer suffisamment pour que les avions chargés de bombes ne puissent avoir aucun repère au sol. Les gens devaient alors non seulement rentrer chez eux, mais ils étaient en plus censés vivre dans le noir complet.
J'en profite pour glisser l'anecdote selon laquelle "tu vas te faire appeler Arthur" viendrait de là. En effet, le couvre-feu avait lieu à 20 heures. Les soldats allemands surprenant un quidam dehors alors que cet horaire approchait criaient" Acht Uhr" - prononcez "art' our - et le Français qui aime rire en a fait une expression!

Mais revenons à notre couvre-feu...

Cette fois il s'agit d'un virus.
Je répète donc ma question, si simple d'apparence: en quoi un couvre-feu va-t-il ralentir un virus?
J'ai lu plusieurs articles titrés "le couvre-feu: l'expérience de la Guyane".Et, comme souvent dans cette histoire de virus, les avis divergent...
Ainsi, le préfet de Guyane affirme-t-il dans L'Obs du 13 octobre que cette mesure "...nous rend beaucoup de services. Cela évite des contacts sociaux quelquefois alcoolisés, une possibilité de clusters… ».
On notera qu'en Polynésie la vente d'alcool avait été interdite lors du confinement pour les mêmes raisons: éviter les contacts sociaux alcoolisés!
Ce que ne dit pas le préfet dans cet article c'est que d'autres mesures ont été prises en parallèle comme la réduction du nombre de vols aériens et la fermeture des frontières.
Or, dans un autre article, Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’Ecole des hautes études en santé publique à Rennes, affirme que "C'est toujours un peu difficile d’isoler le couvre feu des autres mesures." (France culture 20 octobre).

Si le confinement m'a semblé être une mesure extême, je comprends qu'elle soit efficace. C'est clair que si chacun reste calfeutré chez soi, le virus ne peut plus circuler. Mais cette mesure ne peut pas durer très longtemps et c'est bien, on l'a vu, vécu, compris, sa limite d'efficacité!
Pour ce qui est de l'efficacité du couvre-feu, je voudrais qu'on m'explique clairement comment un virus serait bloqué, ralenti, par quelques heures nocturnes pendant lesquelles toute vie s'arrêterait...
Je pense que ça ne doit pas être difficile de démontrer qu'il y a plus de gens dans la rue, le métro, les magasins, les écoles, les bars et restaurants en pleine journée que dans ce créneau 21h/6h ou 21h/4h...
Un des arguments avancé serait que ceux qui sortent à ces heures-là seraient moins sérieux dans les gestes barrières. Que les lieux de fête sont propices au relâchement.
Soit!
Mais oser affirmer que les lignes de métro saturées ne sont pas plus dangereuses - voire moins même! - comme l'a dit un expert dont j'ai oublié le nom, je trouve que c'est nous prendre tous pour des imbéciles...

C'est bien là tout le problème dans la gestion - à moins que ce soit une non gestion? - de cette crise sanitaire : aucune réponse sérieuse, étayée n'est apportée aux questions légitimes que chacun se pose. Et quand, à l'occasion d'un article ou d'une interview, la question est posée, elle reçoit une réponse diluée dans un charabia ou noyée dans d'autres réflexions.
En gros j'entends "tais-toi et obéis, tu n'as pas besoin en plus de comprendre!"...

Je ne suis ni complotiste ni paranoïaque - quoi que...- mais l'imprécision, le discours nébuleux et - le pire! - le discours mensonger, ne peuvent que me rendre méfiante d'une part et... Encore plus interrogative!

Car le discours général est, ici comme en Métropole, à haute teneur anxiogène, non?
Comme beaucoup, je me demande si les chiffres avancés ont un sens.
Ici, par exemple, la presse a annoncé le décès par la Covid d'un octogénaire.
Et la famille a démenti dès le lendemain, affirmant que le décès était dû à un cancer en phase terminale.
- Il n'a pas été retité des chiffres pour autant depuis! -
On peut donc penser que ce cas n'est ni unique ni isolé et que les chiffres ne reflètent pas la réalité.

Je tiens pourtant à préciser que je ne mets pas en doute la réalité du virus, ni sa dangerosité !
- je m'appelle Saa, pas Donald! -
Je veux juste comprendre le bien-fondé des règles qui nous sont imposées et qui me semblent tellement ahurissantes et incohérentes.
Je veux juste comprendre pourquoi les bars, les restaurants et tous ceux qui appartiennent au monde du spectacle, sont plus pénalisés que quiconque.
Je veux comprendre pourquoi prendre le métro à certaines heures, en étant serrés comme des sardines, est plus acceptable que d'aller boire un verre ou manger au restaurant passées 21h.
Je veux comprendre comment un virus ferait la différence entre être assis à une table sans masque et être debout dans le même restaurant - au moment où le masque s'impose à nouveau-
Je veux comprendre pourquoi la situation décrite précédemment - dans un restaurant ou un bar - serait différente selon l'heure ou le lieu - dans un bureau par exemple -....

Tu vois, il y en a des choses que je voudrais comprendre....

Pour conclure je m'interroge - oui! Encore et toujours! - d'autant plus quand je vois une pub pour DisneyLand Paris qui propose des séjours 2jours - 2 NUITS!.... On fait quoi la nuit, ou le soir un peu tard, dans un parc d'attraction si on doit aller au lit à 21 heures?

Tu vois Manu que mon billet est loin d'être "vengeur"? Ça n'aurait pas eu de sens puisque je ne suis pas concernée par cette mesure - pour le moment du moins! -.
Je l'avais annoncé "rageur" et il n'est qu'interrogatif...

Que veux-tu... Je ne peux obéir qu'à ce que je comprends...
Posté par Mimijo le 24 octobre 2020 à 11 heures 05

Nous nous posons tous les mêmes questions et n'avons pas la ou les réponses.
Je ne sais pas ce qu'il faut faire. Ce que je sais c'est que les hôpitaux sont sous tension et sous une pression énorme, que le stade 2 du plan blanc est lourd de conséquences, que j'entends beaucoup plus d'hélicoptères sanitaires qu'il y a quelques semaines.
La situation est la même partout où le virus est actif. Sauf en Chine mais pouvons nous les croire sur parole?
Ce que je crains c'est que la seconde vague (parce que j'espère que ce sera la dernière) soit plus forte que la première. Elle touche plus de jeunes.
On sait mieux soigner en réa de manière moins invasive, mais quand on est obligé de d'amputer les jambes d'une gamine de 18 ans à cause de cette cochonnerie, il faut faire quelque chose. Quoi? Je ne sais pas.
Je suis restée 1semaine à Paris pour le boulot. Le métro et Rer n'etaient pas bondés pourtant je partais à 7h45 et je rentrais à 18h. Du monde c'est vrai, des masques, des gestes barrières respectés autant que faire se peut.
Je mets mon masque à 7h30 quand je sors de chez moi le matin' je le change à la pause déjeuner et je l'enlève le soir après l'avoir changé encore une fois.
Je désinfecte tous les points de contact et je ne me suis jamais autant lavé les mains.
Je dois me débrouiller pour mettre la moitié de mon personnel en télétravail et assurer le management. Ce n'est pas une partie de plaisir. Je dois aménager le travail, expliquer les comments du pourquoi et recommencer.
C'était juste un témoignage de mon quotidien.
Bises de loin

Réponse postée par Saa le 24 octobre 2020 à 13 heures 51

Coucou Michèle! merci pour ce témoignage qui montre à quel point la vie est désorganisée avec cette pandémie. Et à aucun moment dans ce billet je ne nie ni l'existence du virus ni sa dangerosité. En revanche, je ne comprends pas ce qu'un couvre-feu ajoute à notre protection. ici, à Huahine, nous y avons eu droit pendant plusieurs semaines... À un moment où il n'y avait aucun cas! Pour nous laseule solution était la fermeture des frontières. mais économiquement c'était du suicide pour nos petites îles qui ne vivent quasiment que du tourisme. Je n'ai donc toujours pas la réponse à ma question: à quoi sert un couvre-feu?...

Posté par Mimijo le 24 octobre 2020 à 23 heures 28

Je sais bien que tu n'es pas du style complotiste. Ce n'était pas mon propos. Est ce que le couvre feu a un intérêt ? Je n'en ai aucune idée. Est ce qu'on a le droit de se poser la question? Absolument. Résolument oui.
Bises à vous deux.

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