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Le blog de Saa

Jeudi 29 Octobre, Le Voyage d'une Vie, épisode 2

La suite....

Nos lectures anciennes, notre culture cinématographique et notre instinct de survie nous ont été précieux dans les heures qui ont suivi.
Grâce au canot de survie nous avons pu récupérer un peu de nos réserves vitales : l’eau en bouteille, quelques denrées préparées sous vide, pour commencer. Les jours suivant l’océan a rejeté sur la plage, déserte jusque-là, ce qui allait servir à compléter notre abri, quelques vêtements qui furent mis à sécher, et du bois que nous mîmes de côté pour en faire… On ne savait pas quoi encore, mais qui servirait forcément !
Nous n’avions pas trente ans, nous étions pleins d’amour, pleins de force et d’espoir. Ce naufrage serait bientôt une super histoire à raconter à nos familles…
Pour le moment, impossible de communiquer puisque tous les appareils étaient soit au fond de l’eau soit irrémédiablement détruits par les chocs et l’eau salée.
Édouard me rassura.
- J’ai suffisamment vu d’épisodes de Koh-Lanta et de documentaires de Mike Horn pour nous assurer un abri, du feu et de quoi tenir jusqu’à ce qu’on vienne nous chercher, m’assura-t-il avec force.

Les premières heures furent consacrées à notre campement. Le grand couteau de cuisine et le poignard de plongée furent mis à rude épreuve pour couper suffisamment de palmes et construire un premier abri, lequel s’améliora avec le temps et l’expérience. Faire un feu lui demanda d’abord un peu plus d’efforts que ce qu’il avait imaginé mais sa persévérance vint aussi à bout de cette épreuve.
Le plus gros questionnement portait sur la nourriture.
En effet, depuis des années nous avions choisi de ne plus manger aucun animal. Or dans nos conditions de naufragés, cela risquait fort de poser problème.
Aussi, quand l’abri fut consolidé et le feu abrité, nous partîmes en expédition, sûrs de trouver des fruits et des racines sauvages que nous pourrions mettre à nos menus. Nous commençâmes en amassant au plus près de notre lieu de vie une grande quantité de noix de coco.
- La noix de coco, affirma Édouard, nous fournira de quoi boire, de quoi manger et même de l’huile pour les cuissons.
Après quoi nous prîmes la direction de la forêt qui ne pouvait, selon lui, que nous procurer tout le nécessaire.
- Comment reconnaîtrons-nous ce qui est comestible de ce qui ne l’est pas ? Demandai-je un peu inquiète.
- Fais-moi confiance, voyons ! me répondit-il très sûr de lui. Je saurai reconnaître les feuilles du manioc, et quand on voit des mangues ou des citrons, on ne peut pas se tromper…
Je le suivis, un rien dubitative mais encore pleine d’espoir. De toute façon, ça n’était qu’une question de quelques jours, à peine quelques semaines au pire. Les gens allaient bien finir par s’inquiéter de notre silence.

Quand le jour commença à tomber, nous revînmes vers notre campement les mains et l’estomac vides.
Édouard décida donc d’ouvrir quelques noix de coco… Mais au bout d’une heure d’acharnement, il avait à peine entamé l’énorme fruit. Seules quelques fibres dures et brunes avaient cédé sous la lame du coutelas.
Il fallut se résoudre à ouvrir une de nos conserves sauvées du naufrage.
Les premières nuits ne furent pas très reposantes car les moustiques se montraient particulièrement friands de nos peaux claires.
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