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Je-tu-île-confinée


Le blog de Saa

Vendredi 30 Octobre, Le Voyage d'une Vie, épisode 3

Nous consacrâmes les jours suivants à l’exploration de notre îlot. Petit, nous pouvions en faire le tour en une heure en passant par la plage. En revanche, le relief qui en formait le centre semblait inextricable et le sommet inatteignable. Aussi nous nous contentâmes dans un premier temps d’explorer les premiers contreforts sans nous éloigner trop de la plage. Et c’est là, tout près que nous trouvâmes notre premier trésor : une source glougloutait au creux de deux rochers qui l’encadraient comme des gardiens tutélaires.
Quel plaisir de sentir sur notre peau cette eau douce et fraîche qui redonnait à notre corps une énergie jusque-là cristallisée sous le sel marin et le soleil de la plage.
Quel bonheur de se désaltérer de cette eau si fraîche après la tiédeur de nos réserves sous plastique…

Pourtant, malgré nos recherches, nous n’avions toujours rien trouvé de comestible. Nos réserves, sauvées du naufrage, ne tiendraient pas longtemps. Il fallait trouver une solution.

Édouard, décida de s’aventurer plus loin dans la forêt. Par sécurité, il me conseilla de rester au campement afin de surveiller le feu. De plus, s’il devait lui arriver quelque chose, dit-il, il fallait qu’u moins un de nous deux soit en état de donner l’alerte quand un bateau approcherait.
Il ne revint que tard dans l’après-midi, alors que le soleil avait déjà amorcé sa plongée dans l’océan. Il avait les mains vides. Encore.
Il s’acharna sur les noix de coco et finit par je ne sais par quel miracle à en ouvrir une… qui lui échappa des mains, se brisa sur le rocher qui nous abritait et perdit toute sa précieuse eau. Nous mangeâmes la chair dure et sucrée jusqu’à en être rassasiés.
Le lendemain matin, l’exercice lui sembla plus facile et de jour en jour Édouard devint le maître incontesté de l’ouverture de noix de coco.
Mais nos intestins commençaient à renâcler de ce régime… Et nous comprîmes alors que nos latrines improvisées étaient bien trop proches pour nos odorats encore trop civilisés.

Chaque matin Édouard partait en expédition. Chaque soir il revenait plus déçu.
Pour ne pas mourir, il nous restait une solution : la pêche et le vol des œufs des tortues que nous avions vues sortir de l’eau une nuit.
Nos convictions pouvaient nous mener à la mort ! Mais la nature était là qui nous offrait de quoi survivre.
Et puis, personne ne le saurait. Nous ne raconterions pas cette partie de l’histoire, voilà tout !

C’est ainsi que nous nous sommes mis à pêcher, à ramasser des coquillages, à grimper aux arbres pour chiper un œuf, jamais plus, dans chaque nid. Oserais-je vous avouer que nous avons tué et dévoré quelques tortues marines ? Je sais bien que c’est interdit, mais nous avions si faim !
J’avais réussi à récupérer une grande cocotte en fonte que nous avions sur le bateau. Je m’en servais pour faire chauffer l’eau douce pour la toilette ou le lavage du linge, et l’eau de mer pour les cuissons. C’est parce que j’étais occupée à tenter de tresser des feuilles de palmier que j’ai un jour oublié l’eau salée sur le feu. Quand je m’en suis aperçu, j’avais une couche de sel au fond.
Édouard a tout de suite vu le potentiel de cette découverte. Dorénavant, quand la pêche était très bonne, nous mettions le poisson dans le sel, puis le faisions sécher au soleil. Plus de perte !
Posté par Mimijo le 30 octobre 2020 à 00 heures 22

Je prends des notes. Ici une guerre nucléaire a dû être déclarée compte tenu de la ruée dans les magasins. Il va falloir devenir minimaliste et se limiter à l'essentiel. Je ris jaune parce que ces réactions inconsidérées m'exaspèrent.
Avrc tout ça faut que je trouve une tortue marine.... c'est pas gagné.
Vite la suite
Bises

Réponse postée par Saa le 30 octobre 2020 à 05 heures 33

Nous sommes encore libres pour le moment ici... Mais entre covid, gestion anxiogène et attentats, la France (et le reste du monde!) semble s'engouffrer dans un tunnel violent et incohérent Mad Max se rapproche!

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