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Je-tu-île-confinée


Le blog de Saa

Vendredi 48 Mars, Jour 28

Les jours se suivent et se ressemblent un peu trop à ma guise.
Le sujet du traitement des infirmières est toujours d'actualité...
Malheureusement....


J'ai cru qu'une vraie prise de conscience avait eu lieu chez certains....
La réalité est toute autre.

Je vous parle d'un temps que .. d'une région précise: la Picardie. Je ne peux engager la discussion que sur un lieu où mes sources sont sûres.

Un exemple bien sûr!

Les bons de carburant promis par Total à destination des soignants afin d'alléger leurs charges pendant cette crise.
Il y a eu une annonce à ce sujet, relayée par les médias.
Et puis?....

En ce qui concerne certains hôpitaux de province - et ce n'est pas du tout péjoratif ici au contraire - il semblerait que personnes n'en voie la couleur...
Ah si! Quelques médecins et le personnel de direction.
Quant aux infirmières la même direction leur a envoyé un message pour leur faire savoir que n'ayant pas d'autres informations elle ne pouvait distribuer ces bons...

Pour ce qui est de voir leurs enfants accueillis dans les établissements scolaires...
Encore eût-il fallu que des profs fussent venus....
En Picardie, quelques Assistants d'Éducation étaient présents, mais aucun prof.
Retour à la maison et une proposition d'allocations spéciale pour le paiement de la garde des enfants....

On va passer sur le sujet de certains dons en nature, faits à cet établissement par une entreprise locale, qui ne sont jamais parvenus jusqu'aux soignants...

Certes les grands médias nationaux nous montrent les grands hôpitaux parisiens ou ceux des grandes villes placées en permanence sous le feu des projecteurs.
Mais les petits hôpitaux des petites villes?
Sait-on en haut lieu qu'ils existent?
Qu'ils souffrent?
Qu'ils sont confrontés aux mêmes difficultés, aux mêmes surcharges des services de réanimation, ou de pneumologie?

J'en appelle encore une fois aux applaudissements balconesques.
Remplacez-les par des huées, des hurlements!
Remplacez-les par des pancartes qui dénoncent les annonces mensongères!

Comment depuis mon île si lointaine puis-je faire retentir mon appel?
Qui se décidera à aller voir ce qu'il en est vraiment des belles annonces?
Des dons qui disparaissent dans les limbes sans parvenir à leurs destinataires désigné(e)s?

J'entends un murmure dans l'oreillette qui invoque les syndicats...
Les synd.... Qui?
Dis, depuis le temps que ça dure, ils ne pouvaient pas alerter, les syndicats?
Ils ne savent pas, les syndicats?
Ils ne voient rien, les syndicats?

Ou, comme leurs consoeurs et confrères, ils ont tant la tête dans le guidon qu'ils n'ont plus l'énergie nécessaire et suffisante pour les défendre?

Oui je m'indigne encore une fois...
Avec ce sentiment désespérant que ça ne sert à rien...

D'ailleurs certaines personnes me l'ont carrément dit: "À quoi ça sert de t'énerver? À rien puisque tu n'y changeras rien!"
La même personne est allée jusqu'à me conseiller de laisser faire, parce que ça finit toujours par s'arranger.......- Inutile que je te précise que la personne en question n'est PAS le Héros -

Non ça ne s'arrange pas et non je ne peux pas me taire et laisser faire...

Alors toi qui passes, toi qui lis, toi qui as peut-être un journaliste dans ta famille, fais passer ce message s'il te plaît...

Et si tu es une infirmière, ou si tu en connais une, demande-lui si elle vit elle aussi ces dérives, ces mensonges... Elle peut même répondre ici, ou ailleurs.
Il faut qu'on cesse de nous faire croire que tout est fait pour aider nos soignants!

Et non, ce soir je n'ai pas du tout envie de rire...
Ni même de sourire.
Posté par Mimijo le 16 avril 2020 à 19 heures 42

Comptable public d'un CHU important voici quelques informations.
Les bons d'essence: tous les hôpitaux n'en reçoivent pas. On en parle dans d'autres établissements et on se pose la question de leur gestion. C'est un problème qui remonte à une semaine et que nous essayons de régler. Il faut comprendre que tout se fait dans l'urgence.
La gestion des dons en nature est centralisée parce qu'il faut l'organiser et la sécuriser. C'est le rôle des directions générales et c'est leur faire un mauvais procès que d'imaginer une quelconque captation.
Les dons en argent sont gérés soit par les fondations des hôpitaux soit par le comptable public et je peux t'assurer que j'en assure le suivi.
Les hôpitaux sont regroupés (tous) en groupements hospitalier de territoire dont le rôle est d'harmoniser les achats et de les sécuriser. Et la sècurisation c'est aussi contourner toutes les arnaques et autres delinquances astucieuses.
Les petits hôpitaux dans les petites villes n'ont pas d'unités de réanimation et tous les hôpitaux ne sont pas habilités à recevoir des malades du covid 19 et surtout pas les petits. C'est peut être pour cela que les médias n'en parlent pas.
Tout n'est pas rose et la situation des soignants est difficile. Ce n'est pas nouveau et cela date de plus de 10 ans quand on a commencé à demander aux hôpitaux d'être gérés comme des entreprises. La situation des directions aussi. Pourquoi? Simplement parce que toute l'activite des hôpitaux covid 19 est arrêtée sauf urgences et suivi des maladies chronique. Et oui il faut utiliser les salles d'opération les salles de réveil pour accueillir les réanimations. Donc baisse d'activité donc baisse de ressources et quadrature du cercle pour faire un budget.
J'arrête là.

Réponse postée par Saa le 16 avril 2020 à 20 heures 00

Merci pour cette réponse constructive et que je sais parfaitement éclairée.
Mais (parce qu'il y a toujours un mais!) l'hôpital dont je parle a bien une unité Covid, un service d'urgence et un service de réanimation.
Quand j'évoque les bons d'essence, c'est que l'hôpital dont je parle, les a promis, a fait une communication aux soignants puis s'est rétracté sous couvert de ne pas savoir ce qu'il devait faire pour attribuer ces bons.
Quand j'évoque les "dons en nature", toujours dans le même hôpital, c'est de crème pour les mains dont je parle. Le don a été fait par une entreprise, mais les tubes ne sont par arrivés dans les mains des soignants.
Tu penses bien qu'en étant si loin, si j'écris ce billet, si j'évoque ces sujets, ce n'est pas suite à des lectures sur Facebook ou dans la presse.
Ce sont des discussions, audio ou vidéo, avec mon amie qui y travaille et qui finit, comme beaucoup de ses collègues, par se désespérer.
Enfin, si je n'évoque pas de "captations coupables" j'incrimine le silence des directions hospitalières: qu'elles expliquent clairement aux soignants à quoi elles ont, ou pas, droit, ce qui est donné, par qui et surtout pour qui...
Mon amie ne manquera pas de lire ta réponse et j'espère que ça lui permettra de poser les bonnes questions aux bonnes personnes.
Merci pour elle... Merci pour elles et eux!

Posté par Moi de Coco le 16 avril 2020 à 23 heures 32

Merci, merci à tous les deux pour vos questions, votre aide et vos réponses. J'ai le sentiment qu'une autre guerre risque de débuter : celle du respect de l'humain.

Réponse postée par Saa le 17 avril 2020 à 00 heures 34

Mais on se battra ma Coco! Tu as lu le commentaire de Mimijo (une amie du temps du Puy). C'est rassurant de savoir que des gens honnêtes comme elle surveillent et gèrent, non? On en reparlera à la prochaine discussion privée!

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