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Je-tu-île-confinée


Le blog de Saa

Mercredi 13 Mai, Jour 53, Les Fantômes de la Plage.

La plage...
Encore...
Toi, je ne sais pas, mais nous, nous ne lassons pas!
Ici on dit "aller baigner mer".

En ce moment, nous privilégions le matin pour nous baigner. Plus d'ombre sur la plage, de plus jolies couleurs de l'océan et surtout un plus grand calme encore!

Pour ce qui est du défi, nous avons constaté qu'il y a un courant à peu près au milieu du trajet.
Lorsque nous parvenons à ce point, nous nageons, brassons, sur le ventre, sur le dos.... Sans avancer d'un iota!
C'est épuisant!
De plus, il a tendance à nous emporter petit à petit vers le large et ce matin j'avoue avoir eu un peu peur, ne parvenant plus ni à avancer, ni à revenir vers le bord.
Il m'a fallu de longues minutes, en variant les façons de nager, pour me remettre en sécurité.
Le problème c'est que rien ne le laisse paraître. Quand on est dedans, si on sent bien qu'on doit lutter pour avancer, on ne se rend pas compte tout de suite qu'il nous entraîne aussi vers le large!
Il va donc falloir envisager de faire autrement.
Demain nous tenterons de partir de ce qui aurait dû être le point d'arrivée et nous nagerons vers l'ancien lieu de départ.

Après ces efforts, nous nous posons sur le bord, le temps de sécher, de goûter, et de s'en griller une!
Ce temps est surtout pour moi un moment d'observation...

Contemplative par nature, j'observe tout ce qui m'entoure: les nuances changeantes des bleus et des verts de l'océan; les oiseaux, si blancs que, passant au-dessus de l'eau, ils en prennent la couleur; les énormes rouleaux qui éclatent sur la barrière de corail, projetant vers le bleu du ciel le blanc pur de l'écume.
En fond sonore, le clapotis des vagues qui viennent mourir à nos pieds est accompagné par le grondement de ces gros rouleaux, comme un train qui passerait au loin sans arrêt.

Tout près de nous, méfiants et curieux à la fois, les petits crabes fantômes.
Leur nom vient de ce qu'ils disparaissent preque instantanément quand quelque chose les effraie.
Tant qu'ils ne nous ont pas repérés, ils vont et viennent, juste à la frange de l'eau, reculant assez vite pour que la vaguelette ne les atteigne pas.
Ils s'occupent à creuser leur terrier et rien que ça vaut le temps passé à les regarder: ils enfoncent la plus grosse de leurs deux pinces dans le sable, coincent une petite quantité de matière contre leur ventre, s'éloignent et jettent le sable plus loin, avant de revenir pour recommencer jusqu'à ce que le trou, suffisamment profond, puisse les accueillir eux et leurs petites proies qui ne sont que des petits déchets de toutes sortes.

La difficulté pour les filmer ou les photographier c'est qu'ils sentent le moindre changement opéré sur le sable par la pression des pieds, qu'ils voient tous nos mouvements et nos déplacements. Ils rentrent alors à l'abri et mettent parfois un long moment avant de sortir à nouveau.

Sur les images que je te propose, Patrick leur jette des fruits du filao. La curiosité l'emporte dans un premier temps mais la prudence est plus forte encore. Tu vois ainsi deux bestioles dont une toute petite. En fin de vidéo, tu assistes au retour dans le terrier.



En plus de la découverte, je te propose une expérience unique grâce à cette vidéo: le voyage immobile ou comment te faire croire que tu es avec nous, ici à Huahine!
Mets cette vidéo sur ton plus grand écran. Une poignée de sable par terre autour d'un tapis ou d'une serviette de bain. Mets en place un halogène puissant et monte la température du radiateur. Mets le son aussi....
Allonge-toi dans ce décor.
Voila... Tu y es.... belle journée non?...

En photo sur la page d'accueil, le crabe est presque invisible, juste à l'entrée de son terrier.
Posté par Mimijo le 13 mai 2020 à 23 heures 52

Je m'y vois déjà. Merci de nous avoir fait rêver un moment.

Copyright © 2020, Patrick Hartmann
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